01 mai 2009
biblio
Un des tarés notoires de la bpi est assis à quelques mètres de moi. C’est le spécimen « cheveux longs et gras – marcel – visage anormalement large », qui lors de ma dernière visite ici il y a deux ans, était assis exactement au même endroit. Depuis cette époque cependant, il s’est équipé d’un ordinateur et d’un casque, ce qui tranche un peu avec son look de catcheur. Pour compléter ce tableau absurde, un ouvrage intitulé Etudes Latines est posé à sa droite, et à sa gauche il y a une pile de livres dont je n’arrive pas à déchiffrer les titres (ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais mes plissements d’yeux en sa direction m’ont juste valu un regard haineux accompagné d’un soupir à décorner un bœuf).
Ma voisine vient de réussir à se connecter au wifi, et subséquemment de recevoir une « pairing request » Bluetooth d’un inconnu lui annonçant: « tu es ma plus belle muse ». Nous redoutons que ce message provienne du catcheur latiniste, et un coup d’œil dans sa direction suffit à confirmer nos craintes : il est en train de nous adresser un sourire malicieux.
Le lendemain, il est fidèle au poste, mais pas à son sujet d’étude : d’après les livres empilés à côté de son ordinateur (Les enjeux du paysage et L’hymne à l’univers), son cœur balance entre le paysagisme et la cosmogonie. Du coup, j’envisage moi aussi de changer de sujet et d’écrire un mémoire sur les tarés de la bpi (deuxième chapitre : le spécimen « vieillard qui griffonne frénétiquement des signes incompréhensibles sur un minuscule carnet »).


